Russie sur Seine

 

L’ARCHITECTURE DE STYLE RUSSE EN ILE DE FRANCE

Sous ce titre notre nouvelle rubrique vous invite à découvrir les témoignages de l’architecture russe à Paris et dans sa banlieue.Vous verrez qu’ils ne sont pas rares.

Pour le prix d’un ticket de metro vous pourrez voyager à travers la Vieille Russie qui se trouve blottie dans des endroits insolites souvent ignorés du grand public : petites églises en bois, isbas...

Quant à nos amis russes ce n’est pas sans émotion qu’ils découvriront à deux mille verstes de Moscou ,un petit coin de leur terre natale.

Il s’agit en général d’édifices religieux dont les plus anciens ne sont pas antérieurs à la deuxième moitié du XIX éme siècle et la plupart ont été construits aprés l’émigration qui a suivie la Révolution d’Octobre.

L’ARCHITECTURE CIVILE

 

 

Elle est peu représentée. On peut signaler toutefois les quatre " isbas " de la villa Beauséjour dans le XVI éme arrondissement. Ces pavillons en bois,dont un relais de poste, construits pour l’exposition universelle de 1867 ont été reconstitués villa Beauséjour pour servir de maisons d’habitation.

Ces maisons de style typiquement russe sont classés monuments historiques et sont toujours habitées. A Bougival dans les Yvelines se trouve la " datcha " d’Ivan Tourgueniev.Le célèbre écrivain russe avait fait construire un chalet traditionnel où il s’installa en 1875 et dont les balcons rappelent l’habitation qu’il possédait à Spaskoïé,à une soixantaine de kilomètres d’Orel,sa ville natale.

Signalons enfin une " datcha " habitée rue Henry Dunant à Nogent-sur-Marne.

L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE

Avant 1861,date de la construction de la cathédrale Saint Alexandre Nevski 12 rue Daru dans le VIIIème arrondissement,un oratoire fonctionnait depuis 1816 rue de Berri.

Ce premier lieu de culte orthodoxe russe a disparu mais on peut voir son iconostase dédié à St Pierre-St Paul dans l’église basse ou " crypte " de la cathédrale St Alexandre Nevski.

La traduction habituelle en russe du mot " cathédrale  " est " sobor ". Or la traduction littérale serait plutôt " collégiale ",terme où l’on retrouve la notion de " collège ",   " d’assemblée " plus proche du sens de   " sobor " (cf. " sobrat’  ": réunir,assembler) Littéralement la cathédrale est le siège de l’évêque (du latin: " cathedra ":chaire). Le meilleur exemple est qu’i l y a plusieurs " sobor " à Moscou alors qu’il n’y a qu’une seule cathédrale à Paris.

Quoiqu’il en soit nous ne nous étendrons pas trop sur le " sobor  " St Alexandre Nevski qui est bien connu de la communauté orthodoxe russe.

Pour l’anecdote,Napoléon III se serait exclamé en voyant ses plans: " C’est trés curieux,trés original, trés beau ... ".

En fait c’est une oeuvre composite,dans le goût du XIXème siècle,conçue dans le style " byzantino-moscovite " selon la terminologie du père Joseph Vassiliev,aumônier de l’ambassade de Russie qui fut à l’initiative de sa fondation.

De byzantin elle n’a que le plan qui a la forme d’une croix grecque et la mosaïque du fronton qui est la reproduction d’une oeuvre du Véme siècle qui se trouve à Ravenne.

Par contre les cinq tours pyramidales surmontées d’un bulbe doré sont bien des élements moscovites.Ces cinq tours symbolisent évidemment le Christ et les quatre évangélistes.Quant aux bulbes dorés, ils symbolisent la flamme des cierges s’élevant vers le ciel.

Au sommet de chaque bulbe la croix orthodoxe a huit branches.La transversale supérieure c’est l’écriteau qui portait l’inscription " Jésus de Nazareth Roi des Juifs " ( "  I.N.R.I ": pour Iesus Nazareus Rex Iuderum) .La transversale médiane c’est la pièce de bois où furent clouées les mains du Christ.

Quant à la transversale inférieure qui correspond à la pièce de bois où furent fixés les pieds elle est disposée en biais car elle évoque les deux larrons crucifiés avec le Christ:le mauvais larron la tire vers le bas (L’Enfer) tandis que le bon larron la tire vers le haut (le Ciel). Dédiée à Alexandre Nevski (1220-1263) Grand-Duc de Novgorod et de Vladimir qui battit les suédois sur les bords de la Neva (d’où son nom de Nevski)en 1240 et qui en 1242 sauva la Russie menacée à la fois par les mongols,les suédois,les lithuaniens et les chevaliers teutoniques (voir ou revoir le film d’Eisenstein)

Ce " sobor " devrait s’appeler: " De la Trinité et de Saint Alexandre Nevski car il y a deux paroisses: St Alexandre Nevski dans l’église haute et la Sainte-Trinité dans l’église basse ou " crypte ". Le dimanche matin il y a deux offices orthodoxes simultanés ,l’un en slavon dans l’église haute,l’autre en français dans l’église basse.

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Rappelons pour nos lecteurs non-orthodoxes les principales caractéristiques d’une église orthodoxe:

- l’absence de statues et de sculptures et l’importance des icônes

La définition de l’icône a été formulée par le VIIéme concile oecuménique:Dieu incarné par la personne du Christ peut être représenté en image.L’icône est l’image non de la chair mais de l’esprit et c’est la même conception qui est à l’origine de l’absence de sculptures.

- l’iconostase

C’est une haute cloison qui sépare le sanctuaire où se trouve l’autel et la nef où se trouvent les fidèles. Il s’agirait d’un rappel du voile du Temple de Jérusalem qui cachait le Saint des Saints. Au début simple balustrade cette séparation devint à partir des XVéme et XVI éme siècles une haute cloison recouverte d’icônes.

L’ordre des icônes sur l’iconostase est le suivant:

Au centre sur les portes royales qui s’ouvrent sur l’autel: les quatres évangélistes,Saint-Mathieu ,Saint-Marc,Saint-Luc et Saint-Jean ainsi que l’Annonciation.

A droite:le Christ

A gauche:la Mère de Dieu

Sur les portes latérales dites " portes des anges ":les archanges Saint-Michel et Saint-Gabriel.

Les autres icônes sont celles des saints et des fêtes de l’année liturgique.

- l’absence d’orgues

Les instruments de musique sont proscrits car reservés aux divertissements mondains. Un choeur accompagne la Liturgie.

Après l’architecture civile et la cathédrale Saint Alexandre Nevski ( voir le numéro précédent de " Kadouchka " ) nous vous invitons à découvrir une oeuvre composite puisqu’il s’agit d’un ancien temple luthérien converti en église orthodoxe russe et auquel ont été rajoutés des élements architecturaux russes,notamment un merveilleux escalier extérieur en bois peint:

L’EGLISE SAINT SERGE DE RADONEGE

Derrière la grille du numéro 93 de la rue de Crimée dans le XIX ème arrondissement on aperçoit au fond d’une allée le presbytère dont la façade est ornée d’une icône peinte représentant Saint-Serge Radonège.

L’église est invisible depuis la rue ; pour s’y rendre il faut gravir à gauche du presbytère un tertre au sommet duquel l’église est cachée derrière un rideau d’arbres. Le lieu est à la fois charmant et insolite

un peu d’histoire...

Au milieu du XIX ème siècle le sud du quartier des Buttes-Chaumont était habité par des ouvriers venus d’Allemagne.Or le pasteur luthérien de cette petite communauté cherchait un endroit propice à l’érection d’un lieu de culte pour ses fidèles lorsqu’il passa à proximité d’une petite colline recouverte d’arbres.

Une voix intérieure lui suggéra alors de bâtir un temple au sommet de la colline ce qui fut fait en 1861. En 1914 lors de la déclaration de guerre les travailleurs allemands rentrèrent dans leur pays et dés lors l’église fut désaffectée. 

Rachetée en 1925 par la communauté russe elle fut convertie alors en église orthodoxe. Un escalier en bois peint à double révolution conduisant à l’étage fut rajouté à l’édifice. 

Les murs de l’escalier ont été revêtus de fresques imitation fin XVI ème siècle peintes par Dimitri Stelletsky représentant les Saints Péres de la foi orthodoxe. Certains saints portent un rouleau déroulé où est copié un extrait de leurs écrits. La porte du rez-de-chaussée qui donne sur les salles de cours et la porte de l’étage qui donne sur l’église sont également entièrement peintes de scènes religieuses.

A l’intérieur de l’église les murs sont aussi revêtus de fresques mais le joyau de cette église est sans conteste la remarquable iconostase qui comprend plus d’une centaine d’icônes .Les portes royales qui s’ouvrent sur le sanctuaire sont d’authentiques oeuvres du XVI ème siècle (Ecole de Moscou) qui ont été rachetées à un antiquaire de Berlin .

Autre élement architectural russe : un carillon adossé au flanc nord avec des arcatures en " kokochnik "

Outre le presbytère déjà cité,les autres édifices qui entourent l’église abritent l’institut de théologie orthodoxe,un atelier de fabrication de cierges et un foyer.

L’église est ouverte pendant les offices:

Vêpres le samedi de 18h à 20h

Liturgie le dimanche de 10h à 12h

adresse: 93 rue de Crimée PARIS XIX° 

Métro: Laumière

Aprés la cathédrale Saint Alexandre Nevski et l’église Saint-Serge ( cf. numéros 21 et 22 de  Kadouchka Novosti " ) nous vous invitons à poursuivre la visite des églises russes de Paris:

L’EGLISE SAINT SERAPHIN DE SAROV

Aprés avoir franchi le portail du 91 rue Lecourbe dans le XV ème arrondissement ,on traverse une cour. Au fond de la cour à gauche une chapelle en bois couronnée de deux bulbes d’azur est adossée à un mur.

Elle est entourée d’un petit jardin où croissent des bouleaux,arbres chers au coeur de tout russe.  Une curiosité:un arbre traverse l’intérieur de l’église de bas en haut.

Les autres paroisses russes de Paris sont installées dans des édifices dont l’extérieur présente peu ou même pas du tout d’élement de style russe.Elles méritent cependant le détour ne serait-ce que pour leurs trés belles iconostases toutes différentes ( elles sont ouvertes le dimanche matin de 10h à 12h).

L’EGLISE DES TROIS SAINTS HIERARQUES

5 rue Pétel dans le XVème

C’est une construction moderne et sans grâce qui n’a rien de russe mais à l’intérieur on peut admirer

l’iconographie peinte par Léonide Ouspensky et le père Grégoire Kroug qui comptent parmi les maîtres de l’iconographie du XX ème siècle.

A gauche de l’iconostase,l’icône Notre-Dame d’Ibérie a été ramenée de Russie par un soldat de Napoléon.

L’EGLISE DE LA PRESENTATION DE LA TRES SAINTE VIERGE AU TEMPLE

91 rue Olivier de Serres dans le XVème

Elle occupe depuis 1937 le rez-de-chaussée d’un ancien atelier au fond d’une cour.

Vladimir Volkoff l’évoque dans son roman: " Le retournement ".

 

L’EGLISE DE L’APPARITION DE LA VIERGE

87 Boulevard Exelmans dans le XVIème

Cette paroisse est installée dans un petit hôtel particulier.La porte et les fenêtres du rez-de-chaussée sont surmontées d’arcatures en " kokochnik " qui sont des élements d’architecture typiquement russes.

Les icônes sont de Dimitri Stelletsky à qui l’on doit les fresques de Saint-Serge-Radonège dans le XIXème arrondissement

 

L’EGLISE DE TOUS LES SAINTS DE LA TERRE RUSSE

19 rue Claude Lorrain dans le XVIème

Elle occupe le rez-de-chaussée d’un pavillon en briques.Le seul élement russe est une porte en bois surmonté en " kokochnik ".

La plupart des églises russes sont concentrées dans les XVème et XVIème arrondissements ;cela correspond à l’implantation de la vague d’émigration consécutive à la Révolution de 1917. Il ne faut pas s’étonner de voir deux paroisses orthodoxes russes installées à quelques centaines de mètres l’une de l’autre : à la suite de dissensions internes les églises orthodoxes russes relèvenrt en France de trois juridictions différentes:

-Le diocèse du Patriarcat de Moscou

-L’Archevêché de France et d’Europe occidentale qui jouit d’un statut particulier au sein du Patriarcat de Constantinople.

-L’Eglise Russe Hors-Frontières

Signalons également une église catholique russe installée au sous-sol d’un immeuble, 39 rue François Gérard dans le XVIème arrondissement. (iconostase et rite byzantin).

Aprés l’architecture civile et l’architecture religieuse à Paris, nous vous invitons à parcourir la banlieue à la découverte des églises russes:

L’EGLISE SAINT SERAPHIN DE SAROV

 23 avenue de l’étoile d’or    CHELLES (SEINE ET MARNE)

 

ERMITAGE DU SAINT-ESPRIT

7 avenue des Bruyères

LE MESNIL SAINT-DENIS (YVELINES)

 

Derrière un portique surmonté de trois bulbes une parcelle de forêt clôturée abrite un vaste ensemble comprenant l’église à six bulbes,le baptistère et des cabanes en bois où vivent les ermites.

 

EGLISE DE LA DORMITION DE LA MERE DE DIEU

Cimetière russe ,rue Léo Lagrange     SAINTE GENEVIEVE DES BOIS (ESSONNE)

L’église du cimetière russe a été construite en 1938 par Albert Benois dans le

style des églises de Novgorod du XVème siècle et début du XVI ème.

Les fresques ont été peintes par Albert Benois et sa femme Marguerite,

l’iconostase est de F.Fedorov;

Dans la crypte reposent les époux Benois ainsi que plusieurs dignitaires de

l’Eglise orthodoxe russe en France.

EGLISE SAINT NICOLAS

132bis, rue du Point du Jour     BOULOGNE-BILLANCOURT (HAUTS DE SEINE)

Une charmante chapelle en bois nichée au fond d’une cour,elle est invisible

de la rue.

EGLISE NOTRE DAME SOUVERAINE

22 rue Alexis Maneyrol     CHAVILLE (HAUTS DE SEINE)

Elle est installée dans une maisonnette surmontée d’un bulbe

 

 

EGLISE SAINT CONSTANTIN ET HELENE

4 bis rue Henry     CLAMART (HAUTS DE SEINE)

Invisible de la rue, il faut franchir la grille du jardin et l’on découvre alors au fond de celui-ciune ravissante chapelle dont une partie est à colombages et une partie en bois.

 

EGLISE DE LA RESURECTION DU CHRIST

8 rue des Bigots     MEUDON (HAUTS DE SEINE)

Porte d’entrée en bois sculpté et trés bel intérieur en bois

 

CHAPELLE SAINT GEORGES

15 rue Porto-Riche     MEUDON (HAUTS DE SEINE)

Située dans le parc du Centre d’études russe Saint-Georges,la chapelle bien que surmontée de la croix orthodoxe est affectée au culte catholique russe.

L’intérieur est décoré de fresques et d’icônes peintes en grande partie par le père Egon Sendler

 

EGLISE DE LA SAINTE TRINITE

16 rue Michel-Ange     VANVES (HAUTS DE SEINE)

La paroisse de Vanves a la particularité de disposer de deux églises situées à vingt mètres l’une de l’autre:l’église d’Eté non chauffée accolée à un immeuble et l’église d’Hiver qui est encastrée dans une maison de briques.

 

L’ARCHITECTURE FUNERAIRE

 

LE CIMETIERE RUSSE DE SAINTE-GENEVIEVE-DES-BOIS

8 rue Léo-Lagrange 91700 SAINTE GENEVIEVE DES BOIS

 

Différentes vagues d’émigrés russes furent enterrées dans ce cimetière communal à partir de 1926.

Il renferma aujourd’hui 10000 sépultures.

Les tombes sont blotties au milieu des cyprès ,des pins et des bouleaux :croix orthodoxes en marbre ou en bois ,stèles coiffées d’un auvent et d’un bulbe colorés en vert ou en bleu ,stèles surmontées de trois bulbes dorés, stèles en forme de " kokochnik ",chapelle funéraire en forme de " chatior "…

Parmi les tombes les plus célebres  :

-Le Grand-Duc André Vladimirovitch de Russie (1879-1956)

-Le Grand-Duc Gabriel Constantinovitch de Russie (1887-1955) ,arrière petit-fils de Nicolas II

-Le prince Félix Youssoupov (1887-1967) instigateur de l’assassinat de Raspoutine.

-Les atamans des cosaques du Don :Afrikan Bogaevski (1872-1934 et Mikhaîl Grabbe (1868-1942)

-Le prince Georges Lvov (1861-1925) ministre de l’intérieur du gouvernement provisoire du 15 mars au 20

juillet 1917

-Ivan Bounine (1870-1953) prix Nobel de littérature en 1933

-Pierre Struve (1870-1944) dirigeant de l’aile droite du parti constitutionnel-démocrate (K.D°) à partir de 1909.

-Serge Boulgakov (1871-1944) :ancien marxiste devenu théologien orthodoxe

-Le peintre Serge Poliakoff (1901-1945)

-Le dissident André Amalrik (1938-1980)

-Le cinéaste André Tarkovski (1932-1986)

-Le danseur Serge Lifar (1905-1986)

-Le danseur Rudolf Noureev (1938-1993) dont la tombe est recouverte d’une imitation en pierre d’un tapis de style Kilim

et bien d’autres : artistes ,écrivains ou simples inconnus…

LE CIMETIERE DU PERE-LACHAISE

Boulevard de Ménilmontant    PARIS XXème

 

Le célèbre cimetière parisien compte trois chapelles funéraires de style russe :

-95ème division :une chapelle funéraire très sobre coiffée d’un bulbe avec une arcature en " kokochnik "

-82ème division :un somptueux mausolée richement décoré d’élements architecturaux traditionnels de l’ancienne Russie ..Icône peinte en façade et trois lourds bulbes de bronze avec croix orthodoxes

-48ème division :tombe avec dais à colonnes en marbre coiffé d’un bulbe.

LE CIMETIERE DE PASSY

22 rue du commandant Schloesing   PARIS XVIème

Bien que peu représentative de l’architecture de style russe ,la chapelle funéraire où repose Marie Bashkirtseff mérite un évocation en raison du destin tragique de cette jeune peintre et écrivain morte de la tuberculose en 1884 A l’âge de 24 ans.

Dans la chapelle avait été reconstitué un coin de son atelier avec ses meubles et ses objets familiers mais une partie a été dérobée :il reste le prie-dieu et un fauteuil.L’un des murs intérieurs est recouvert par sa grande peinture " les Saintes Femmes " ; Peu avant sa mort elle note : " Je suis encore à l’âge où l’on trouve de l’ivresse même à mourir… "

W. LE BOUR

 

 

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